Le Conseil scientifique de l'Abes

Le Conseil scientifique de l’Abes a été créé par délibération du Conseil d’administration du 29 avril 2010. En tant qu’instance consultative, le Conseil scientifique a pour vocation d’émettre des avis et recommandations sur les orientations stratégiques de l’Abes, dans une démarche prospective. Le Conseil scientifique analyse certaines questions ou orientations soumises par le Conseil d’administration.

 

Composition du Conseil scientifique de l’Abes


Le Conseil scientifique de l’Abes est composé de 18 membres, soit :

  • 16 personnalités nommées par le CA ayant compétence dans les domaines d’activité de l’Abes 
  •  2 représentants élus par les personnels de l’Abes pour un mandat de 3 ans.

Le président du Conseil d’administration, le directeur de l’Abes et le responsable du Labo assistent de droit aux séances du Conseil scientifique.

Le CS est présidé par Laurent Romary, directeur de la Culture et de la Communication Scientifiques à l’INRIA.

Professionnels membres d’institutions partenaires

  • Emmanuel Jaslier, Bibliothèque nationale de France
  • Olivier Rouchon, CINES
  • Stéphane Pouyllau, HumaNum

Professionnels de la documentation exerçant en bibliothèque universitaire ou de recherche

  • Frédérique Joannic-Seta, SCD Université Rennes 2
  • Grégory Miura, SCD Université Bordeaux Montaigne
  • Julien Roche, SCD Université de Lille et président de l’association LIBER

Professionnel de la documentation exerçant dans un EPST

  • Claire François, INIST-CNRS

Professionnels  exerçant dans le même secteur d’activités à l’étranger

  • Magaly Bascones, JISC, UK
  • Jeannette Frey, BCU Lausanne

Chercheurs compétents dans le secteur d’activités

  • Patrice Bellot, Laboratoire LSIS, Aix Marseille Université
  • Gilles Dumont, Université de Nantes
  • Sébastien Ferré, IRISA
  • Laurent Romary, INRIA

Membres élus au sein des personnels de l’Abes

  • Michaël Jeulin, pour le collège des personnels de bibliothèques
  • Raluca Pierrot, pour le collège des conservateurs de bibliothèques

 

Synthèses des réunions du Conseil scientifique de l’Abes


Le mandat de l’actuel CS court jusqu’en novembre 2022. Des mouvements de personnel au sein des établissements ont fait que nous apportons quelques changements pour le reste du mandat. Le site de l‘Abes est mis à jour en conséquence.

Par ailleurs, le CS a mis en place à l’automne dernier un bureau chargé de coordonner l’organisation des séances et le partage des informations avec le CA et les réseaux professionnels.

La séance du jour est consacrée à un point d’étape et un recueil d’avis concernant les perspectives de la Transition bibliographique de l’Abes, composé de  plusieurs sous-projets dont les principaux seront évoqués aujourd’hui :

  • Le programme national Transition bibliographique (Tb)
  • Le projet Fichier national d’entités (FNE)
  • La LRMisation des données de l’Abes

Rappel : pour son directeur, la « Tb de l’Abes », ce sont 11 livrables qui constituent les résultats d’actions menées en interne ou en partenariat, à un niveau local, national et international :

 

 

Le programme national transition bibliographique, piloté par l’Abes et la BnF sous l’égide du comité stratégique bibliographique (MESRI / MC / Abes / Bnf) vise à concevoir et faire adopter par l’ensemble des bibliothèques françaises et les éditeurs de logiciels de bibliothèques les normes, formats, règles et outils de catalogage découlant du modèle conceptuel de données IFLA-LRM et du code de catalogage international RDA. Ceci afin d’insérer les catalogues dans le web de données et de rendre beaucoup plus accessible l’information bibliographique et documentaire à tous les utilisateurs.

Les groupes de travail nationaux de professionnels volontaires issus des agences et des bibliothèques des réseaux réalisent l’ensemble des travaux, dont les résultats sont décrits sur le site https://www.transition-bibliographique.fr. La rédaction du code RDA-FR voulu par la France, l’évolution du format de catalogage UNIMARC, la formation et l’information des professionnels ont bien avancé et placent la France dans le groupe des pays actifs et impliqués dans la transition bibliographique.

Le pilotage à court et moyen terme du programme invite à des ajustements dans son organisation et son fonctionnement. Pour le CS de l’Abes, il est devenu crucial de maintenir la motivation des groupes de travail, et le soutien des tutelles, en montrant des résultats concrets du travail de normalisation mené depuis 10 ans. Du fait des acquis du programme et des évolutions en cours, présenter des interfaces de catalogage et de catalogues illustrant ce que produit la Tb, manipulables par les utilisateurs et contenant de vraies données est perçu maintenant comme à la fois indispensable et possible. Créer des jeux de données conséquents, partagés et exploitables avec des partenaires, valorisera les bénéfices de la Tb et facilitera cette appropriation internationale. Le CS recommande également que les responsables d’établissements documentaires soient mieux impliqués dans le programme national, afin qu’ils en saisissent les enjeux, le soutiennent et appuient la mise à disposition de moyens adéquats pour le mener à son terme.

Pour l’avenir, malgré un contexte national incertain (ressources humaines affectées à la Tb) et international encore mouvant (normalisation toujours en cours, concurrence entre plusieurs voies d’évolution, annonces importantes attendues d’éditeurs de SGB) les deux agences Abes et BnF, actant les avancées du programme national, se sont engagées à présenter au CSB des propositions concernant la phase suivante du programme national Tb, concernant notamment la, le :

  1. Stratégie de la France par rapport à Eurig et au RSC et plus largement à l’international pour faire évoluer RDA
  2. Gouvernance de la norme RDA-Fr pour suivre les évolutions internationales et répondre aux besoins de la communauté française
  3. Stratégie vis-à-vis des éditeurs de SGB pour accélérer la mue de leurs outils
  4. Articulation et maintenance des différents niveaux de documentation à mettre à disposition des catalogueurs : code/norme, manuels et consignes de catalogage, formation à moyen/long terme
  5. Modèle économique du dispositif normatif à moyen long-terme (en lien avec l’AFNOR)

Illustration concrète de la transition bibliographique, le FNE a également pour objectif de favoriser la production mutualisée de données de qualité, dans le respect des principes FAIR (Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisables) pour partager largement les millions de descriptions d’entités utiles aux professionnels des bibliothèques et in fine aux utilisateurs des catalogues et outils documentaires disponibles sur le web.

Le travail mené en 2020 et 2021 par les groupes de travail, les chefs de projet et le comité de pilotage FNE a permis d’avancer sur la structure et l’alignement des données, le socle technique, les cas d’usage. Le conseil scientifique du FNE a été mis en place et sert désormais de lieu d’échange et de relais avec les diverses communautés professionnelles concernées.

Cependant l’organisation actuelle, la complexité du projet, et le contexte dans lequel il se déroule à l’Abes comme à la BnF, imposent de prendre des mesures pour qu’il puisse donner à court terme les résultats concrets attendus.

3 scénarios ont été élaborés pour aider à la prise de décision : le FNE maintenant, le FNE plus tard, plus de FNE. Devant l’exposé de leurs avantages et inconvénients principaux, le CS a pu exprimer un avis sur les choix qui s’ouvrent pour l’Abes, en lien avec son partenaire la BnF.

Le CS estime qu’un scénario de concentration des moyens humains sur le FNE est à étudier également, afin d’aboutir au plus vite à un pilote/prototype convaincant. A défaut, l’Abes devrait réaliser l’un des scénarios intermédiaires. Le scénario de l’arrêt du FNE n’est pas envisageable car il retarderait de plusieurs années la modernisation et l’optimisation du système national de production de données bibliographiques, au moment où les flux devraient s’amplifier très fortement (dépôt légal numérique, graphes de données mondiaux, etc). Le CS insiste sur le fait que les projets de mutualisation seront ceux qui obtiendront des moyens humains et financiers de la part des tutelles.

Le dernier point traité en CS a concerné la LRMisation des catalogues existants, opération complexe que les deux agences Abes et BnF doivent chacune réaliser, mais dans un contexte différent. Chaque agence a environ 15 millions de notices bibliographiques et 6 millions de notices d’autorité à convertir en entités. L’Abes souhaite s’associer à un partenaire privé qui dispose d’une technologie prometteuse pour traiter de telles quantités de données et ensemble ils ont déposé en décembre 2021 un dossier de candidature à l’Appel d’offre ICC ouvert dans le cadre du PIA4 (https://www.capdigital.com/appels-a-projets/pia-4-40me-pour-les-industries-culturelles-et-creatives/). Les résultats sont attendus pour avril-mai 2022.

Les deux prochains CS de l’année 2022 devraient traiter des applications de l’intelligence artificielle dans la production de données et métadonnées documentaires – tous les membres du CS sont sollicités pour partager leurs expériences sur ce sujet, et de la  granularité et du périmètre des données de l’Abes – sujet évolutif ces dernières années, sur lequel le CS souhaite une mise à jour depuis un moment déjà.